le Hackenberg

en route vers la chapelle du Hackenberg



A l'est de Thionville, un peu en retrait et à mi-chemin vers Bouzonville, s'élève un haut lieu bien fort pittoresque de la région : le Hackenberg.
Vaste promontoire, il surplombe de ses 343 m d'altitude deux petits vallons étroits avant de s'étendre en douces pentes vers la plaine de Monneren.
voir aussi :

http://www.hestroff.com/article-etymologie-hack-51496251.html
http://www.canner.fr/spip.php?article18
http://www.hestroff.com/article-le-hackenberg-50635979.html


découverte d'un premier bildstock
dans Veckring, premier monument rencontré avant l'ascension.






Dans la forêt en direction de la chapelle du Hackenberg

découverte d'un deuxième bildstock

sur l'avant Saint Sébastien
Saint Pierre tenant en main la clé
Saint Michel et le dragon, directement sous saint Michel et le dragon, sainte Catherine et ses attributs, l'épée et la roue.
Sur la droite ne direction du sommet du Hackenberg d'après Nicolas DICOP dans le Hackenberg Essai de reconstitution seigneuriale et paroissiale, il s'agirait de Saint Litwin
ou saint Liutwin
ou saint Leudwinus
ou Saint Léonadouin
évêque de Trèves (+717 à Reims), inhumé au monastère de Mettlach, fondateur du monastère de Mettlach en Rhénanie, sur les bords de la Sarre.

http://www.hestroff.com/article-l-abbaye-benedictine-de-mettlach-74894829.html
http://en wilkipedia-org/wiki/Leudwinus

la chasuble sur le bildstock ressemble étrangement à celle de la statue se trouvant dans l'abbaye bénédictine de Mettlach.


Arrivée au sommet du hackenberg

 
Les alentours de la butte du Hackenberg sont jalonnés de nombreuses croix.
On y trouve la chapelle seigneuriale reconstruite.


découverte d'un troisième bildstock
il est situé à l'entrée du cimetière du Hackenberg, croix érigée en 1625, construite par les soins du curé du Hackenberg et dédié à la gloire de Dieu en souvenir du hameau de Veckring.
Source Abbé Nicolas DICOP
un écusson portant l'inscription suivante : AD
                                                                  LAUDEM
                                                                DEI ME FIERI
                                                              FECI NICO
                                                               WECKRING
                                                            PASTOR IN HACKENBE
                                                                    ANNO
                                                                    1625

dans les 4 niches, on retrouve
la vierge avec le donateur
le christ en croix
Saint Hubert et son cor de chasse
Saint Nicolas avec les 3 enfants dans le cuvier

pour en savoir plus :
http://bildstock.free.fr/topic/index.h

Les pierres tombales du  Hackenberg

La colline du Hackenberg fut durant plus d'un millénaire, un centre  de l'activité profane et religieux de la contrée.
La pénétration chrétienne en nos régions était  intimement liée à l'Eglise de Trèves, dont la paroisse du Hackenberg constituait l'extrême limite orientale.
Le sommet du Hackenberg était un lieu sacré où l'église planta sa croix victorieuse sur l'emplacement d'un édicule païen.
Le christianisme fut apporté dans le pays trévirois par des missionnaires . A noter la route stratégique Trèves-Metz passait par le Hackenberg.
L'église du Hackenberg a toujours été considérée d'après la tradition comme le lieu de sépulture des anciens seigneurs de Bausbach et de Freistroff. Nous savons que ces derniers y avaient leur chapelle seigneuriale dans le sol de laquelle ils déposaient leurs disparus.

Au Hackenberg, il devait y avoir bon nombre de monuments funéraires et épitaphes qui dans la suite des temps et les transformations successives de l'église n'ont pas été toutes conservés. Au siècle dernier, avant la démolition du clocher et du grand vaisseau de l'église, il y existait encore 4 pierres tombales ou épitaphes qui furent déplacées  une première fois après la démolition de 1887,  déplacées et mises en sécurité pendant la seconde guerre mondiale sous les auspices des Beaux-Arts, déplacées encore une fois à la fin des hostilités endommageant l'une d'entre elle qui a pu tout de fois être reconstituée.On y trouve quatre pierres tombales ou épitaphes.
                   1 à l'entrée de l'église
                   2 autres dans l'église
                   1 encastrée dans le mur extérieur.

Ces pierres tombales du Hackenberg ont de tout temps intrigué les chercheurs et les historiens.




La première pierre tombale

La première pierre tombale se trouvait à gauche en entrant dans l'ancienne chapelle. Elle représentait un gisant féminin, drapé dans une ample robe à plis nombreux, la tête reposée sur un coussin. A ses pieds -selon toute probabilité- la lévrette, symbole de fidélité. Les mains sont jointes et tiennent un chapelet aux grains tous semblables. La croix du chapelet est remplacée par une grande médaille sans additif. Gravée dans la pierre, on y relève l'inscription suivante :

HY LEIT BEGRABEN DIE DUGENDHAFT FRAU
ANNA VON LEWESNSTEIN DY GESTROBE IST
IM JOR DES MAN SAGET NACHT CHRISTI
GEBURT MCCCCCXXXV (1535) DES XXIX
DYS ERNTMCTZ (Erntemonate) DER
GOTT GNADIG UND BARMHERZIG SEI

Les angles de cette pierre sont garnis de quatre écussons de forme gothique. Sur l'un d'eux, on relève un lion issant qui pourrait bien être celui des Loewenstein.



http://www.hestroff.com/article-les-loewenstein-ou-liewenstein-ou-liebenstein-50689830.html


La deuxième pierre tombale

La deuxième pierre tombale est sensiblement identique à la première. Quelques dissemblances sont à noter. Le vêtement est différent. Le chapelet compte six dizaines au lieu de cinq, sans croix, mais avec une médaille. Les blasons sont finement travaillés, mais se trouvent placés dans une disposition différente. L'inscription présente  de sérieuses difficultés à la lecture. On y devine le texte suivant : 

IM JOR DES HEILES 1737 DE MITTWOCH
NACH DEM HEILIGEN CHRISSDAG IST
GESTROBEN DY…+ EHENFRAU ANNA
VON LEVWESTEING… GENEDIG ICHESSU (Jesus)


Ce texte semble être de composition plus récente. Quant au vêtement du gisant, il n'est pas de ceux qu'on portait au XVIIIè siècle.
En présence de ces deux inscriptions, M. le professeur HENNEQUIN admet l'hypothèse d'une sub
stitution. En effet, à son avis, lorsqu'en 1649 les Loewenstein cessèrent d'être co-seigneurs à Bousbach, leurs pierres tombales auraient été écartées par les soins des Faust de Stromberg. Au début du XVIIIè siècle, ces pierres auraient  étés insérées dans le mur de l'église.




La troisième pierre tombale


La troisième pierre tombale n'a conservé que son épitaphe. Les sculptures ainsi que les armes ont été brisées au cours des siècles. L'inscription  de ce monument n'a  pu être reconstituée que fragmentairement. Voici le texte :
HY LIT BEGRABEN DER…LUDWIG…
LEWESTEIN WELCHER STARB DES XVI DAIGS
ANNO MCCCCCXXXXX (1550)…NACH
GEWOHNHEIT TRIERISCHER…

Cette inscription est la dernière concernant la famille des Loewenstein.

La quatrième pierre tombale



La quatrième pierre tombale dédiée à la famille des Faust de Stromberg
n'est qu'un simple épitaphe sans sculptures, ni insignes, fixée au-dessus de la porte d'entrée de la chapelle détruite en 1944.
L'Inscription gravée dans la pierre calcaire du pays portant le texte suivant :


HIER LIEGT BEGRABEN FAUST VON STROMBERG 
IN ZEIT LEBENS HERR ZU BUSBACH
VELCHEN IN GOTT ENSTSCHAFFEN DEN
10 OCTOBRIS DESSO SEEL GOTT
GNAD 1594 F.R


M. le professeur HENNEQUIN corrige et complète cette inscription en donnant comme jour de décès non le 10, mais le 19 octobre. Quant aux initiales F.R. qu'on y relève, elles pourraient bien indiquer le nom du graveur de l'épitaphe. Cette pierre a été détruite avec la chapelle.
Il s'agit de Jean-Henri  Faust de Stromberg mort le 19/10/1594 à Bousbach fils de Jean-Frédéric FAUST de Stromberg .  Il repose au Hackenberg. Sa pierre tombale est l'une de celle conservée dans la chapelle du Hackenberg.
Descendance de FAUST de STROMBERG Henry
FAUST de STROMBERG Henry  
FAUST de STROMBERG Lambert  
x de STEINKALLENFELS Marguerite + ../../1374  
FAUST de STROMBERG Lamprecht  
x de DALHEIM Suzanne  
FAUST de STROMBERG Lambert + ../../1478  
x de RECHBERG Walpurgis  
FAUST de STROMBERG Philippe ° ../../1444   
x de DIENHEIM Appoline + ../../1502  
FAUST de STROMBERG Paul  
x de LINDENFELS Apollinie  
FAUST de STROMBERG Jean-Frédéric   
x de PUTTELANGE Christine x ../../1548  + ../../1571  
FAUST de STROMBERG Jean Henri + 19/10/1594 
FAUST de STROMBERG Jean  
FAUST de STROMBERG Jean Lambert + ../../1582  
FAUST de STROMBERG Barbe-Augusta   
x de VASBERG-FREISTROFF Jean x 21/06/1594   
FAUST de STROMBERG Erlande  
x de SCHWARTZENBERG Guillaume Flachs  
FAUST de STROMBERG Jean-Salentin, seigneur de Freistroff, Bertrange et Bousbach x Madeleine de SCHOENAU

Jean Henri de STROMBERG à un frère Jean-Salentin Faut de Stromberg  x à Madeleine de Schoenau ; 9 enfants issus du mariage
dont
- Anne-Marguerite Faust de Stromberg x 17 août 1599 Jean-Christophe de Liebenstein, seigneur de Freistroff
- Jean-Paul Faust de Stromberg x 19 novembre 1603 à Freistroff à sa cousine Madeleine de Warsberg-Freistroff.









Les vitraux dans la chapelle du hackenberg


blason de la famille du Luxembourg

METTLACH avec Saint Litwin
 l'ancienne Abbaye de Mettlach dédié à Saint Litwin a joué un rôle important dans la vie paroissiale du Kackenberg

RETTEL avec représentation de Saint-Sixte

Rotila est bien une appellation ancienne de Rettel puisqu'elle est attestée dès 620 par « Valla Rotovallum » (annales de Trêves). Mais on lui connaît d'autres noms, Rotila en 862,  Ruttila en 1218. La création du couvent de Rettel remonterait à l'an 800, il aurait été fondé selon la volonté d'une des sœurs de Charlemagne, Effetia, en résidence à Haute-Kontz. 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Rettel

Le couvent de Rettel


Le couvent de Rettel, dédié à Saint-Sixte, remonte à l'époque carolingienne et sa fondation , selon la légende, à Effetia, soeur de  Charlemagne. Nicolas DICOP  Le Hackenberg
D'abord occupé par des religieux, il passa ensuite aux fils de Saint Benoît et fut acquis en 1431 par les Chartreux de Trèves qui y restèrent jusqu'à leur expulsion en 1792.
Cette chartreuse possédait de vastes biens dans tout le pays entre Thionville et Sierck et jouissait de quelques dîmes particulières dans la paroisse du Hackenberg.


http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8444171t/f1.item.hl


Les plus anciens écrits irréfutables, qui signalent l'existence d'une abbaye de Bénédictins à Rettel, datent de la fin du XI° siècle.
Fondée au VIIIème siècle pour les bénédictins, elle fut incendiée par les messins au XVème siècle, puis vendue aux chartreux de Marienfloss en 1431. De nouveau incendiée en 1522, elle fut reconstruite en 1730; en partie détruite pendant la Révolution,et en partie détruite par les bombardements américains en 1944,le couvent abrite aujourd'hui des religieuses dominicaines.  

Le couvent est maintenant habité par l'I.M.E. dirigé par les soeurs dominicaines.
la maison de la Dîme à Rettel


A noter :

A Freistroff, coexistaient le maire ducal ou maire royal pour les biens du domaine, 
le maire du château, nommé par les seigneurs du lieu,
 le "kloster-maier", nommé par l'abbé de Freistroff, 
le "Kreutz-maier" nommé parl'abbé de Bouzonville et siègeant à Guiching ou Bockange,

le "Sixti-maier" qui représentait les intérets de la Chartreuse de Rettel

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