Le bildstock de Guiching

RECHERCHES FAITES AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE METZ EN 2001, voir article transféré sur Hestroff.com
Il est situé entre 3 arbres à l'entrée de Guiching
En venant de Freistroff ; Moselle ; Lorraine ; France

Ce bildstock daterait de 1597 ?

 Le bildstock ne repose pas sur un socle contrairement au bildstock de Diding et de Hestroff.
Le fût à base carré devient octogonal ( trapézoïdal à Hestroff et à Diding) après une moulure.
L'édicule a la particularité d'avoir les  doubles  bâtières surmontées d'un pyramidon terminé en croix fleurdelisée. La croix fleurdelisée est taillée dans une autre pierre. Elle n'est pas d'origine mais s'harmonise à l'ensemble du monument
On peut y lire EREN partie supérieure gauche
Partie inférieure gauche  nom martelé, terminaison du nom E I N.
 
Ce bildstock se caractérise par sa croix fleurdelisée qui le couronne, sans Christ, parce que le Christ en croix est représenté dans une niche (comme à Hestroff). 

Le prolongement de l'arête supérieure de l'avant de chaque bâtière et décoré d'une archotère d'où s'échappent des rampans floraux ornant les pans de bâtière.


 

Sur l’avant le Christ sur la croix

Le Christ en croix, la mort de Jésus
sans le présence de Jean et de Marie.
Pourquoi ?
un chemin de croix ?
un lieu de pélerinage ?




Sur la gauche la sainte vierge avec Jésus sur ses genoux

Représentation de la descente de la Croix. La vierge tient avec difficulté le cadavre dénudé et recroquevillé de son fils. Un personnage agenouillée, en prière, la  donatrice (J.P KIRSCH, y a vu Marie. Madeleine ?)
    c'est une piéta


La piéta

Thème privilégié de la piété des hommes  de la fin du Moyen Age,la pietà représente le Christ mort sur les genoux de sa mère. On appelle Pietà une représentation du corps du Christ dans les bras de sa mère, après la descente de la croix. Cette représentation est très courante et nous montre comment Marie participa intensément et dans la douleur au sacrifice de son fils.

La première pietà, la plus belle et la plus célèbre, a été réalisée en 1499 par
Michel-Ange. Elle est conservée à la Basilique Saint Pierre du Vatican à Rome   
La Pietà de
Michelangelo Buonarroti (Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni dit, en français, Michel-Ange (né le 6 mars 1475 au château de Caprese à Caprese, au nord d'Arezzo en Toscane - décédé le18 février 1564 à Rome), est un peintre, un sculpteur, un poète et un architecte italien de la Renaissance.
 
La sculpture est une commande du cardinal français Jean Bilhères de Lagraudas, cardinal et ambassadeur de France auprès du pape
 


  • Sur le bildstock de Guiching
  • Sainte Marguerite sur le bildstock de Diding
  • Saint Etienne sur le bildstock de Diding
Sur la droite , Saint Etienne ? ou Sainte Marguerite ?

D'après le chanoine J.P KIRSCH, il s'agirait de saint Etienne

Le personnage illustré dans la niche a toutes les apparences d'une femme, le côté féminin se caractérise par :
      - la robe avec son encolure en V (en y verrait bien le port d'un collier) ;
      - le tombé de la robe évasé dans sa partie inférieure,  différent de la classique dalmatique d'un diacre où le port est plus droit.
La robe marque bien la ceinture du personnage (robe cintrée)

Des ondulations se prolongent sur toute la partie inférieure de la niche, à la base de la robe, représentation naïve du dragon ?

La sainte tient dans sa main gauche  une croix ?, ou serait-ce une épée représentation naïve également.
Une grosse pierre à ses pieds, une besace à vivres dans le dos. 


S'agirait-il de Sainte Marguerite D'Antioche , déjà représentée dans une niche dans le Bildstock de Diding ?
On retrouve la même façon de tenir la croix dans les deux mains.
On retrouve une robe avec encolure en V.

Ici représentation de Saint Etienne, Bildstock de Diding
Des pierres dans sa main gauche, et la palme des martyrs dans la main droite, encolure spécifique de sa dalmatique(chasuble) de diacre. 


Ce ne peut être Saint-Etienne

ici la représentation de Sainte Marguerite d'Antioche sur le bildstock de Diding

alors s'agirait-t-il de Sainte Judith ? sur le bildstock de Guiching
 


Sur l'arrière : Saint Nicolas ? Saint Willibrod ? ou autre Saint ?

Saint avec crosse épiscopale dans la main, mitre sculptée sur la tête, à ses pieds le donateur agnenouillé en prière
Le personnage aurait peu de chance d'être Saint Nicolas, d'après le chanoine J.L Kirsch, car dans la région Lorraine, Saint Nicolas est toujours représenté avec le cuvier et les 3 enfants ;  il s'agirait de Saint WILLIBRORD ? , sans en donner les raisons, or on n'y  retrouve pas les attributs de Saint WILLIBRORD.


Les attributs de Saint WILLIBRORD, sont l'habit d'évêque, la mitre et  un livre traversé d'une épée.

Le cuvier avec les 3 enfants  a t -il été remplacé par le donateur qui a voulu être représenté dans la niche ?

S'agirait-il de Saint Adalbert ?


LES 3 BILDSTOCKS  (GUICHING, DIDING, HESTROFF) ONT T-ILS ETE ERIGES PAR LA MEME FAMILLE ?

Pourquoi un tel bildstock se trouve t-il à Guiching ? 

Guiching était un hameau de la seigneurie foncière de Sainte Croix dépendant de l'abbaye de Bouzonville.
L'abbaye de Bouzonville avait une partie du ban de Guiching et nommait les "Kreutzmaier"(maire de Sainte Croix) qui siègeaient à Guiching ; l'autre partie du ban appartenait à l'Abbaye de Freistroff.
L'abbaye de Freistroff avait un maire pour sa seigneurie foncière, c'était le maire de l'abbaye (Clostermeyer).
Le monastère de Bouzonville porte le titre de la Sainte Croix, parce que le Comte Adalbert, son fondateur ayant rapporté de son voyage à Jérusalem une portion considérable du bois de la Sainte Croix, la déposa à Bouzonville où il fonda un monastère où cette pieuse Relique a toujours été honoré par un grand concours du peuple.

Source : Notice de la Lorraine Augustin Calmet.

L'origine serait-t-elle une croix en provenance de l'abbaye de Bouzonville, transplantée à Guiching, fief des " Kreutzmaier ? " ; dans le registre paroissial de Freistroff, nous retrouvons
 Jacques DALSTEIN de Guiching, échevin, maire de Sainte -Croix x 04 02 1664  LUXEMBOURGER Juliana, fils de Jacques DALSTEIN sixti Mayer de Diding x WOLFLINGER Marie
HAMAN Jean Jacques x 09 06 1686 à DALSTEIN A .Catherine (fille de DALSTEIN Jacques et de LUXEMBOURGER Juliana), maire de Rémelfang, maire de Sainte Croix à Guiching en 1725.ADM B11 1722
GRAFF Jean x  NN son épouse + 17 02 1661



SERAIT-CE UNE REPRESENTATION DES FONDATEURS DE L'ABBAYE DE BOUZONVILLE ?

                                          les fondateurs de l'abbaye de Bouzonville

le comte Adalbert( comte de Metz ,duc de Basse Lorraine)  et la comtesse Judith de Luxembourg (suivant les versions est dite de  Luxembourg, de Souabe ou non identifiée). Judith fille de Siegfroid de Luxembourg ?, premier comte du Luxembourg,  avoué des abbayes de Saint-Maximin de Trèves et Saint Willibrod d'Echternach.

En se référant à l'ouvrage Histoire de Lorraine par le R.P Dom Calmet Abbé de Sénones Tome II
Adelberon (//Adelberonis prepefitis S.Paulini  Treveren//) Prévôt de Saint Paulin de Trèves, était le fils de Sigefroi premier comte du Luxembourg et frère de Cunégonde épouse de l'empereur Henri II. Il nomme Adalbert et Judithe son oncle et sa tante dans un titre de l'an 979.


ce qui pourrait expliquer l'interprétation de Saint Willibrod faite par le chanoine Kirsch
et laisserait supposer la provenance de cette croix : l'abbaye de Bouzonville

Saint Willibrod surnommé l'Apôtre du Benelux.
Bénédictin anglais qui au 8 ème siècle évangélisera les peuples du Nord de L'Europe, la Frise et la Germanie au côté de Saint Egbert rempli de zèle pour la conversion des tribus germaniques païennes en Frise.
 
Saint Adalbert missionnaire irlandais fait ses études au monastère de Rathmelgisi et accompagne Saint Willibrod dans ses travaux apostoliques en Frise en l'an 700, disciple de Saint Willibrod et apôtre en Frise en 740

Pourquoi la date 1597 figure-t-elle sur le fût ?

Il faut rappeler qu'en 1597, l'abbaye est pillée et  la relique de la Sainte Croix est volée par une troupe de soldats relevant du commandement de Saubolle, gouverneur de la citadelle de Metz ; 
l'abbaye de Bouzonville avait déjà été pillée par les troupes de Charles QUINT en 1547.

La restitution de la relique, volée en 1597, eut lieu le mercredi 11 mai 1616, veille de la fête de l'Ascension, au lieu dit " Stockholz". Elle sera restituée en 1616 au Stockholz à l'endroit appelé aujourd'hui la " Belle Croix ". (Bouzonville) //Bouzonville et son Abbaye (Nicolas DICOP)
Archives paroissiales//

La duchesse de Croÿ(Diane de Dompmartin, duchesse de Croy, marquise de Havre,Diane, de l'ancienne chevalerie lorraine)venue en carosse depuis Metz , avec une suite nombreuse, remit la relique aux religieux qui s'y étaient rendus en procession. Elle était entièrement dévouée à la maison de Lorraine, pour laquelle elle n'avait pas dissimulé ses sympathies pendant les guerres de la Ligue ;
en 1588, elle avait prêté cent deux mille écus barrois au duc Charles III (cousin germain de son second époux Philippe de Croÿ) pour le mettre en état de prendre le commandement de la Ligue. Il faut rappeler que son premier époux Jean Philippe II de Salm combattit au côté de Henri de Lorraine, 3 ème duc de Guise dit " Le balafré " lors de la bataille de Moncontour le 3 octobre 1569,  y fut blessé et  tué.

En souvenir de cette restitution, une première croix de pierre fut érigée à cet endroit.
Serait-ce cette croix de pierre ?

Y aurait-il eut une autre croix avant 1597, dans l'enceinte de l'abbaye de Bouzonville ?  où au lieu dit " Stockhotz " ? sur un lieu de pèlerinage ?
Ce qui remet en cause la vraie datation de cette croix qui pourrait être bien antérieure à la datation figurant sur le fût du bildstock.





Pourquoi la duchesse de Cröy restitua la relique de la Sainte croix en 1616 ?

Il faut rappeler la réforme de Sainte-Vanne en 1612. La réforme, voulue par Rome et encouragée par le Duc de Lorraine Henri II . l'abbaye de Bouzonville demeurait, il est vrai, le lieu de sépulture du fondateur, Adalbert et de son épouse Judith et de leur fils, ancêtre de la famille ducale lorraine. La réforme vanniste était effective en 1616 à Bouzonville, mais son successeur avait nécessité le recours aux autorités épiscopales et politiques.
Dès 1615, le duc Henri II persuada l'abbé Jean Cellier de prendre comme coadjuteur avec droit de succession son fils naturel Henri de Lorraine. L'abbé de Bouzonville acquiesça et entreprit des démarches en ce sens à Rome. A sa mort, en janvier 1616, la curie romaine confia l'abbaye au prince lorrain, sous réserver d'y maintenir la réforme monastique.
L'abbaye de Bouzonville tombait donc en commande au bénéfice de la maison ducale. Le duc de lorraine se voyait ainsi récompensé de son inlassable zèle au service de la réforme catholique. Et par la même, Henri II (Henri le Bon) dotait son bâtard de bénéfices ecclésiastiques, lui assurant des revenus en rapport avec sa naissance. Henri de Lorraine reçut également les abbayes de Saint-Mihiel et de Saint-Pierremont.
Henri de Lorraine de Bainville, 1616 - † 24 novembre 1626, fils naturel du duc Henri, (connu d'abord sous le nom de M.de Bainville, légitimé le 10 janvier 1605), aussi abbé de Saint-Mihiel (1607) et Saint-Pierremont (1623).


Le trésor pillé du roi
Correspondance du Cardinal Richelieu
Année 1634 Tome 1


http://books.google.fr/books?id=7M0q_phfAPYC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false


http://books.google.fr/books?id=7M0q_phfAPYC&lpg=PA329&ots=rAVgMpN3Ww&dq=abbaye%20de%20saint%20pierremont%20et%20abbe%20commendataire&hl=fr&pg=PP1#v=onepage&q=abbaye%20de%20saint%20pierremont%20et%20abbe%20commendataire&f=false

Henri, dit le Bon, né à Nancy le 8 novembre 1563 (+ 31 juillet 1624 à Nancy), succéda à son père en 1608, à l'âge de 45 ans. Les historiens le désignent à tort sous le nom de Henri II, car Henri 1 er duc de Lorraine gouvernait déjà avant que la couronne fût héréditaire.
 
//Histoire des duchés de Lorraine et de Bar, et des trois évêchés ..., Volume 2
 Par Émile Auguste Nicolas Jules Bégin//

H I gravé dans la pierre, sous la vierge Marie, Henri I duc de Lorraine ?
 
"Sous son règne, les missionnaires et les maisons religieuses se multiplièrent en Lorraine.
Sa dévotion pour la vierge était si grande, qu'il voulut que le nom de Marie fût gravé dans son bouclier



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