le bildstock de Diding


Le temps ronge insensiblement et irrévocablement à travers les siècles, la croix la plus résistante, l'effrite et la renverse  à la longue, si une main restauratrice n'en relève les morceaux et n'en répare les blessures.

Les siècles ont rongé un grand nombre de nos anciennes croix.
C'est un devoir impérieux pour qui a un peu d'idéal pour ce qui est beau et grand, de s'intéresser à ses oeuvres de l'art religieux lorrain, de le protéger, de les retire de l'oubli, de les restaurer afin de lers préserver d'une ruine lente et irrévocable.

Dans la région francique de notre pays, dans l'ancien Balliage de la Lorraine, les croix ont ordinairemnt une forme plate, massive, reposant sur un grand socle, forme de table d'autel, indice de la double civilisation dont la double langue est l'espression vivante.
Dans la partie gauloise de la Lorraine, nos anciennes croix revêtent la plus part du temps la forme colonne ou stèle, ronde, octogonale ou carrée mais, svelte, élancée, d'une légéreté gracieuse.


le terme bildstock est d'origine germanique
" stock " signifie bâton
" bild " signifie image 

Les croix "Bildstock" se présentent comme un monument prenant assise sur un socle souvent carré, surmonté d'un fût cylyndirique, trapézoidal ou octogonal au-dessus duquel est scellé un édicule cubique taillé de façon à abriter quatre niches creuses, décorées de sculptures. Le tout est surmonté généralement d'une double bâtière se croisant à angle, avec sur le faîte, soit une croix fleurdélisée, soit un Christ.


RECHERCHES FAITES AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES DE METZ EN 2001 (article transféré sur hestroff.com)

La croix de DIDING est une croix qui fait honneur à la Famille DALSTEIN. Elle a été érigée pendant la guerre de Trente Ans.en 1630, par Nicolas DALSTEIN, maire du ban de la Chartreuse Saint Sixte de Rettel à Diding, fut entretenue et soignée pendant plusieurs générations , restaurée en 1750 et 1781


​La croix est surmontée d'un "Bildstock" à quatre faces et quatres niches

                                            

  • Saint Etienne sur le bildstock de Diding

Sur l'avant : Saint Etienne patron de la paroisse

Diacre avec sa dalmatique (chasuble) tenant dans la main droite la palme des martyrs et dans la main gauche des pierres avec lesquelles il fut lapidé  (patron de la paroisse).

saint Étienne, premier martyr de la chrétienneté 
Étienne ou Stéphane veut dire couronne en grec; en hébreu il signifie règle. Il fut la couronne, c'est-à-dire le chef des martyrs du Nouveau Testament; comme Abel de, l'ancien. Il fut encore une règle, c'est-à-dire un exemple aux autres de souffrir pour J.-C. ou bien d'agir et de vivre dans la sincérité, ou de prier pour ses ennemis. Stéphane signifierait encore, d'après une autre étymologie, Strenue fans, qui parle avec énergie, comme il appert par son discours et par sa belle prédication de la parole de Dieu. Stéphane signifierait aussi : qui parle avec force aux vieilles, Strenue fans anus, parce qu'il parlait avec énergie, avec dignité aux veuves qu'il instruisait et dirigeait d'après la commission qu'il en avait reçue des apôtres, et qui, à la lettre, étaient vieilles. Il est donc couronné comme chef du martyre, règle du souffrir et du bien vivre, orateur énergique dans sa prédication, riche, et parlant 'aulx vieilles dans ses admirables instructions.
Étienne fut  un des sept diacres ordonnés par les apôtres pour exercer le ministère
(Sources la légende dorée de Jacques de  VORAGINE)




Sur le côté gauche :Sainte Marguerite d'Antioche


Sainte tenant un crucifix dans la main droite
un dragon gisant à ses pieds



Deux légendes différentes parlent de Sainte Marguerite, originaire d'Antioche

1 ère LEGENDE
L'une la dit bergère après avoir été  chassée de chez elle pour être devenue Chrétienne, convertie par sa nourrice. Marguerite fut attaquée par le diable déguisé en dragon qui l'avala toute crue.
Avec une petite croix qu'elle portait, elle lui ouvrit le ventre, en sortit et étrangla la bête à l'aide de sa ceinture. Le gouverneur tomba amoureux d'elle mais lui reprocha d'adorer un Dieu honteusement crucifié.
Elle l'irrita tellement qu'elle eut la tête tranchée. 

2 ème LEGENDE
Une autre légende rapporte que cette sainte a été martyrisée en 271 à Antioche sur l'ordre du préfet roumain Olybrius. Elle avait quinze ans quand Olybrius, venu  dans cette ville persécuter les chrétiens, fut séduit par sa beauté et lui proposa de l'épouser. Elle se révéla chrétienne et fut emprisonnée. Elle vit alors un dragon symbolisant le démon tenter de lui faire  abjurer sa foi dans sa prison. La croix au sommet de laquelle était venue se poser une colombe lui est apparue comme lumière divine venue la renforcer dans sa foi, contre le démon, dans les ténèbres de sa geôle. A un autre moment, le démon prit forme humaine.
Marguerite pria, puis le saisit par la tête, le jeta par terre et le maintint au sol de son pied ; image légendaire souvent reprise dans l'iconographie.



Sur le côté droit : Sainte Elisabeth de Hongrie

Sainte tenant un panier dans la main droite

Sainte Élisabeth de Hongrie est la fille  d'André II de Hongrie et  Gertrude d'Andechs -Meran. Elle fut fiancée à 4ans et mariée à 14 ans au Langrave Louis IV de Thuringe.
On l'appelle aussi  Sainte Elisabeth de Thuringe. Des franciscains allemands lui font découvrir l'esprit de Saint François d'Assise et elle décide  alors de se mettre aux services des pauvres. Son époux meurt en 1227, comme elle refuse d'être remariée, sa famille la chasse avec ses trois enfants.
Son oncle, évêque, calme la famille. Les trois enfants seront élevés par la famille ducale. Elisabeth revêt l'habit du Tiers-Ordre franciscain et prend pour directeur spirituel Conrard de Marbourg qui la traite sans ménagement, voire avec cruauté 
à laquelle elle répond avec une douceur exemplaire. Désormais elle consacrera toute sa vie et son argent aux pauvres pour qui elle fait construire un hôpital
Elle meurt à 24 ans à Malbourg.
On dit qu'elle portait secrètement du pain aux pauvres d'Eisenach, à pied et seule, ce que réprouvait son mari. Un jour, elle le rencontra sur le chemin et son mari, furieux, lui demanda ce qu'elle cachait sous son manteau. Elle lui répondit que c'étaient des roses, et non que  c'était du pain, et lorsque son mari lui ordonna d'ouvrir son manteau, il n'y trouva que des roses. C'est le miracle de Sainte Elisabeth de Hongrie.


Questions :
pourquoi Saint Elisabeth sur le bildstock de Diding ?
Elisabeth, fille unique de Sigismond de Luxembourg et de Barbe de Cilley x  l'empereur Albert II de Habsbourg ?
Elle ferait  partie de la Maison du Luxembourg ?


A l'arrière : Saint Nicolas 

Avec un manteau aux pans ondulés, tenant une crosse à la main gauche
Avec les  3 enfants dans le cuvier


Patron du fondateur ? ou fondateur ?


​Les 3 petits enfants dans le saloir
(D'après un récit du XIXe siècle) 

Les historiens déplorent le peu de renseignements vraisemblables concernant Saint-Nicolas. Mais ils s'accordent tous sur les quelques faits suivants : Saint-Nicolas est né vers 270 à Patare, en Lycie (Turquie actuelle). Plus tard , il fut évêque de Myre. On fixe sa mort au 6 décembre 343. Pendant sa vie, un certain nombre de miracles lui sont attribués. Ces miracles ont donné naissance à plusieurs légendes. Voici l'une d'elles : Un jour, un paysan demanda à ses enfants d'aller dans les champs pour glaner les épis de blé laissés par les moissonneurs. Les heures passèrent et la nuit les surprit. Ils comprirent très vite qu'ils s'étaient perdus, mais ils continuèrent à marcher... Soudain, l'un d'entre eux aperçut une lueur dans le lointain. Ils se dirigèrent dans cette direction et arrivèrent devant une maison isolée dans la campagne. Ils frappèrent à la porte et un homme de forte corpulence leur ouvrit.
"- Pourriez-vous nous loger ? demandèrent les enfants.
- Entrez, entrez, petits enfants, répondit l'homme, je suis boucher et je vais vous donner à souper." A peine étaient-ils entrés que le boucher les tua, les découpa en petits morceaux et les mit dans son saloir.
Sept ans plus tard, Saint Nicolas passa devant cette maison et demanda à souper.
"- Voulez-vous un morceau de jambon ?, dit le boucher.
- Je n'en veux pas, il n'est pas bon !
- Peut-être une tranche de veau ?
- Tu te moques de moi, il n'est pas beau ! Du petit salé, je veux avoir, qui est depuis sept ans dans ton saloir !"
Entendant cela, le boucher s'enfuit en courant.
Le grand saint, alla s'asseoir sur le bord du saloir, il leva trois doigts et les enfants se levèrent tous les trois.




                  Les instruments de la passion du Christ

La croix hauteur 4 ,20 m est formée d'une stèle carrée, ornementée des instruments de la passion

La Passion du Christ est l'ensemble de souffrances et des supplices qui ont précédé  la mort du Christ 


Le coq  qui rappelle à Pierre le reniement
Le Roseau et le fouet objet de la scène de flagellation
La tunique sans couture (c'est une tunique que la Vierge tissa pour son fils au sortir du maillot qui crût à mesure qu'il grandissait et qu'il conserva jusqu'au jour où elle fut tirée au sort entre les soldats chargés de son exécution, sans que jamais l'usure n'apparût).
L'échelle pour dépendre le corps crucifié
La coupe de boisson amère
Le marteau et la tenaille
La bourse contenant les 30pièces d'argent remises à Judas pour sa trahison
Les dés pour tirer au sort les vêtements.
Le vase et l'éponge  :
Dans le nouveau testament ; " il y avait un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l'ayant fixé à une branche d'hysope, ils l'approchèrent de sa bouche. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : "Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit."
Les lances (les lances ayant transpercé le corps de Jésus)
Colonne de flagellation
Verges
Couronne d'épines ( La couronne d'épines composeé de branches flexible couvertes de longues épines tressées en forme de couronne qui sera enfoncé dans le cuir chevelu)
La main du grand prêtre qui giffla le Christ
La lanterne des gardes


 Le christ en croix couronne le tout


1 ère Inscription

ZV MEHREN - LOB - GOTTES - HAT-NICOLAS - DALSTEIN -SIXTIMEIER -ZV -DIDINGEN - DIS CREVTZ -AVFRICHTEN -LASEN


ce qui veut dire ;
Nicolas DALSTEIN sixtimeier de Diding a fait ériger cette croix à la gloire de Dieu

2 ème Inscription


DIS CREVTZ HAT
        JACOB DALSTEIN SIXTIMEIER VON DIDINGEN 
        LASEN AVFRICHTEN SO FERFALEN WAHR IM JAHR 1750


ce qui veut dire :
Jacques DALSTEIN sixtimeier de Diding a fait  restaurer cette croix en l'année 1750



3 ème Inscription


DIS CREITZ HAN  LASEN AVFRICHTEN
DIE KINDER VON JACOB DALSTEIN 
VON DIDINGEN 1781


ce qui veut dire que cette croix a été érigée par les enfants de Jacques DALSTEIN de Diding en 1781


L'année de fondation 1630
L'écu avec les initiales NDSM (Nicolas DALSTEIN SIXITMEIER ?)l'identité du fondateur ou autre interprétation ?

L'écusson dans sa partie supérieure, deux petites branches de lys stylisés, l'une à droite, l'autre à gauche signe d'appartenance à la noblesse
Le commanditaire a - t-il voulu afficher son identité familiale, mais aussi son identité sociale (activité agricole et sixtimeier) ?

L'attribut professionnel
Il s'agit d'images sculptées dans un cadre qui les rehausse et qui sont toujours placées sur la partie supérieurs du fût. Elles expriment l'activité propre du donateur et renseignent indirectement sur l'activité agricole.
ici représentation du
soc, attribut professionnel de l'agriculteur
( le soc est la lame métallique placée sur l'avant de la charrue et destinée à fendre une couche de terre que le versoir va rejeter sur le sol).




Le Sixti-maier représente les intérêts de la Chartreuse de Rettel dont le siège  est à Diding 
La Moyenne Justice : le maire collecte  les cens et redevances, arrête les  Malfaiteurs et les traduit devant la justice, répond au nom de la communauté lors des plaids annaux où il rappelle les droits de chacun.
Pour sa peine, il est parfois exempté de corvées personnelles. 

Cette charge se transmet souvent de père en fils.

Nicolas DALSTEIN SIXTI-MAIER DE DIDING est décédé le 18 avril 1632. Ce Nicolas avait épousé une dénommée ELTSEN qui  décéda le 13 octobre 1622.
Jacques DALSTEIN SIXTI-MAIER DE DIDING décédé avant 1672 qui avait épousé Marie WOLFLINGER en 1633, 3 enfants issus de ce mariage, Jacques, échevin de Sainte Croix  à Guiching, supposé être le maire de Sainte Croix, Marie qui épousé Pierre GERMANN, échevin de Sainte-Croix à Diding,
Jean DALSTEIN de DIDING SIXTI et CARTHAUSER MEYER , maire du Château de Saint Sixte et des Chartreux de Rettel 
Adam DALSTEIN MAIRE DE DIDING

Les habitants de Freistroff 1608-1898 (Cercle généalogique du pays de Nied CG571)



A FREISTROFF

La mairie est administrative et judicaire jusqu’au XIII è siècle

Les maires étaient nommés par les Seigneurs puis par la suite ils furent élus et rendaient la justice pour la communauté dansle cadre des lettres de franchise.
Mais à Freistroff, ces lettres de franchise ne semblent jamais avoir été demandées au duc de Lorraine.

Ils y avaient à Freistroff plusieurs seigneurs fonciers donc plusieurs maires.

1 Le châtelain nommait les maires et gens de justice pour le duc ; le maire était le
füerstlichermeier ou maire princier ; ce maire ne devint maire royal que sous Louis XVI ;

2 L’abbaye de Freistroff avait un maire pour sa seigneurie foncière ;  ;
le clostermeier,c'était le maire de l'abbaye

3 Il y avait un maire pour le château ou maire seigneurial ; carthausermeyer

4 L’abbaye de Bouzonville avait aussi une partie du ban et nommait le Kreuztmeierqui siègeaità Guiching ou à Bockange.

5
La Chartreuse de Rettel faisait administrer ses biens par le sixtimeier.

6 L’abbesse de St Pierre de Metz nommait un sixième maire

HESTROFF

Hugo DALSTEIN ( sixième maire) (lettre de franchise) ( ADM 3E3009 St GorgonMetz)

Att. Jouissant de la franchise en 1626 4E255

ADM 3E3009 St GorgonMetz où il est dit «veuve de Hugo Dalstein(administrateur ? De la révérende Dame Abbesse de St Pierre aux Dames de Metz)


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OU LE TROUVER ?

DIDING, annexe de Freistroff, Moselle, Lorraine, France


on atteint le bildstock en quittant  la rue Principale en face d'un oratoire, prendre le chemin de champ menant au passage à niveau