HESTROFF
L' arbre de la liberté
à
Hestroff en 1792


Définition de J. GODECHOT :


« L’arbre de la liberté n’est autre chose que l’ancien « mai » que les paysans plantaient généralement à l’occasion des fêtes votives, tradition héritée sans doute des vieux cultes païens. Les premiers arbres de la liberté furent plantés dans le Périgord dès le mois de janvier 1790 ».

C’est  une ancienne tradition rurale des mais célébrant le passage de l’hiver au printemps.

La pratique révolutionnaire naît en janvier 1790 dans le Périgord et le Quercy, lors des soulèvements paysans pour obtenir l'abolition sans rachat des droits féodaux supprimés depuis la nuit du 4 août 1789. Érigé le plus souvent au terme d'une émeute, le « mai » marque surtout la fin des violences et garantit la conservation de l'ordre nouveau. Cet arbre de la Liberté est officialisé en 1792, lorsque chaque commune est tenue d'élever sous son feuillage un autel de la Patrie, lieu des cérémonies civiques. À partir de l'an II (1793-1794) et sous le Directoire, l'arbre de la Liberté, et parfois de la République, arbre assagi et pédagogue, centre de rassemblement, devient un symbole de régénération et de croissance, un monument national sacré et très protégé contre les attentats perpétrés par les adversaires du régime.

Hestroff a vu son arbre de la liberté planté en mai 1792 comme  le confirme AD Mos. E dépôt 327,1 D l. avec le rajout d’un écriteau deux jours plus tard. A Hestroff, le 1er juin 1792, sur ordre de la municipalité, un écriteau contenant le texte suivant fut fixé à l'arbre planté deux jours auparavant : 

 

 « La nation, la loi et le roi, quiconque s'avise de parler ou agir contre les constitutions et loix sera punie selon les rigeurs de la loi. Vaincre ou mourir. Vive la nation ».


Sources : « Les arbres de la liberté dans le département de la Moselle par Charles HIEGEL ».




C’était de préférence sur la place principale près de la maison commune ou de l’église que l’on plantait l’arbre de la liberté.

L’étude du plan cadastral napoléonien nous donne une vue d'ensemble de d'Hestroff en 1835


Le cadastre est une institution ancienne. Le premier cadastre général de la France a été décidé par une loi napoléonienne du 15 septembre 1807.

Il s’agissait de mesurer plus de 100 millions de parcelles, de faire un plan pour chaque commune où se trouvent les parcelles, de classer celles-ci en fonction de la fertilité du sol, d’évaluer le produit imposable, de réunir sous le nom de leur propriétaire les parcelles éparses, de déterminer le revenu de ce dernier, et de faire de ce revenu la base de l’impôt.


Le territoire français fit donc l’objet d’une campagne d’arpentage systématique.

Le cadastre fut achevé en 1850.






​L’étude du tableau d’assemblage du cadastre 
​ d’ Hestroff,


l’étude section B dite du village établie par le géomètre MARQUIS en 1835 montre bien la présence d’un  arbre, l’arbre de la Liberté planté fin mai 1792 situé sur la place de l’actuelle fontaine.

                                                                            



En  Moselle, un arrêté du Préfet du 12 janvier 1852 relatif aux inscriptions  politiques placées sur les édifices publics n'ordonna pas de faire disparaître tous  les  arbres de la liberté, mais seulement  d'arracher ceux  qui  «sont  morts  ou  dépérissant  et  de couper ceux qui  feraient  obstacle à la circulation, gêneraient l'accès des p1aces publiques, altéreraient ou rompraient la perspective de quelque monument ».


Le nouveau Préfet de la  Moselle, le comte Malher (occupant les fonctions préfectorales de 1852 à 1857), qui avait succédé  au  comte de  Saint-Marsault (nommé préfet de la Moselle en 1850), envoya  aux maires le 8 septembre 1852 une circulaire rappelant les  dispositions de l' arrêté du 12 janvier 1852 :  «Je  suis informé que contrairement à l' arrêté de mon prédécesseur du 12  janvier, les arbres dits de liberté existent encore dans quelques communes où l' on a  même pris soin de les entourer d'un grillage aux couleurs nationales. A l’approche  de l’automne il  sera facile de déplacer ceux de ces arbres qui seraient encore en état de végétation.  Quant à  ceux qui sont morts ils doivent  être coupés. Je vous prie de faire exécuter sans  délai l'arrêté du 12  janvier ».



L’arbre de la liberté a été remplacé par l’actuelle fontaine ronde édifiée sous le règne de Louis Napoléon BONAPARTE III (1808-1873) II ème République-Second Empire.