A MEDITER

VIEILLIR



Vieillir est le meilleur moyen de vivre longtemps.

L'âge mûr c'est d'être toujours jeune mais avec beaucoup d'effort.

De mes erreursde jeunesse, ce que me gène le plus n'est pas de les avoir commises, mais plutôt de ne plus pouvoir les refaire.

Vieillir, c'est passer de la passion à la compassion.
Pleins de gens n'arrivent pas à 80 ans, car beaucoup trop longtemps ils se sont battus pour rester à 40 ans.

20 ans c'est l'âge de la volonté
30 ans celui de l'esprit
40 ans celui de la jouissance.

Celui qui n'est pas beau à 20 ans ni fort à 30 ans, ni riche à 40 ans, ni expérimenté à 50 ans ne sera jamais beau, ni fort, ni riche, ni expérimenté.

Passé le cap de la soixantaine peu de choses paraissent absurdes.

Les jeunes pensent que les vieux sont fous, les vieux savent que les jeunes le sont.​
La maturié de l'homme, c'est d'avoir réussi à trouver le sérieux avec lequel il jouait enfant.

Personne ne va plus vite que les années.
Jeune je disais "tu verras quand j'aurai cinquante ans" : j'ai cinquante ans et je n'ai rien vu.


Dans les yeux d'un jeune brûle la flamme, dans les yeux d'un vieux brille la lumière.
L'initiative des jeunes vaut autant que l'expérience des vieux.

Derrière chaque homme il y a un enfant.
A chaque âge son comportement.

Les jeunes vont en groupe, les adultes en couple, les vieux vont seuls.
Heureux celui qui a été jeune pendant sa jeunesse et sage l'âge venu.
Nous désirons tous vivre vieux mais refusons de l'être.
C'est plaisant d'arriver à un grand âge mais pas de l'avoir.




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LES VIEUX

de Jacques BREL
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Mêmes riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un coeur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antant
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmers encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends
Les vieux ne révent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore, bras dessus bras dessous, tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend
Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celuides deux qui rste se retrouve en enfer
Vous le verres peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de nêtre pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend

LE BOL EN BOIS

Un viel homme tout frêle va vivre avec son fils, sa bru et son petit-fils de quatre ans.
La main du viel homme tremblait, sa vue était embrouillée et sa démarche vacillante.
La famille était attablée ensemble pour le repas. Mais la main tremblante de grand-père et sa mauvaise vue rendait le repas peu agréable. Les pois roulaient par terre, lorqu'il prenait son verre, le lait se renversait sur la nappe.

Le fils et son épouse étaient irrités par le gâchis. Le fils affirmait " on devrait faire quelque chose à propos de papa", "j'en ai marre du lait renversé, du bruit qu'il fait en mangeant et de la nourriture sur le plancher".

Alors, avec son épouse, il installa une table dans un coin de la cuisine. Là le grand-père mangeait seul pendant que la famille prenait le repas.
Etant donné que le vieil homme avait brisé de la vaisselle, sa nourriture était servie dans un bol de bois.

Quand la famille jetait un coup d'oeil en direction du grand-père, il leur arrivait de voir une larme glisser sur la joue du vieil homme pendant qu'il était assis tout seul. Malgré tout, ils continuaient à maugréer contre lui lorsqu'il échappait sa fourchette ou sa nourriture.

Un soir avant le souper, le père remarqua son fils qui jouait dans son atelier et il nota des copeaux de bois sur le plancher. Il demanda gentiment  : "qu'es-tu en train de fabriquer ? ".
Aussi gentiment le fils répondit : " ah ! je fais un bol en bois pour toi et maman pour manger lorsque vous serez vieux "!

Ces mots ont eu l'effet d'une bombe sur les parents qui devinrent silencieux. Des larmes commençaient à ruisseler le long de leurs joues... Sans dire un mot, ils savaient ce qu'ils devaient faire. Ce soir là, le fils prit la main de son père pour le ramener gentiment à la table familiale.

Pour le reste de ses jours il mangea tous ses repas avec la famille. Et pour quelque raison, ni le fils ou son épouse ne firent de cas quand il échappait sa fourchette, renversait du lait ou salissait la nappe.


Auteur inconnu.


L'ELOGE DE LA VIEILLESSE

"... pour accomplir sa destinée d'homme âgé et remplir convenablement sa mission, il faut accepter la vieillesse et tout ce qu'elle implique, il faut acquiescer à tout cela. Sans ce consentement, sans cette soumission à toutes les exigences de la nature, notre vie perd son sens et sa valeur et, que nous soyons jeunes ou vieux, nous commettons une trahison".

"C'est dans ces instants où l'on passe d'un âge à un autre que le spectacle discret et délicat de l'été qui s'éteint et disparaît progressivement  peut nous saisir et nous émouvoir, emplir notre coeur d'étonnement et d'horreur nous faire trembler et sourire à la fois".

"L'âge et la sclérose progressent, parfois le sang n'alimente plus vraiment le cerveau. Mais ces maux ont finalement aussi leurs bons côtés : on ne perçoit plus les choses de façon aussi précise et intense, beaucoup d'entre elles échappent à notre oreille, nous devenons totalement insensibles à nombre de coups et de piqûres et une partie de notre être qui constituait autrefois le moi se trouve déjà là où le tout sera bientôt".

"Dans ce jardin de la vieillesse s'épanouissent les fleurs que nous aurions à peine songé cultiver autrefois. Ici fleurit la patience, une plante noble. Nous devenons paisibles, tolérants, et plus encore notre désir d'intervenir, d'agir diminue, plus nous voyons croître notre capacité à observer, à écouter la nature aussi bien que les hommes.
Nous laissons leur existence se développer devant nous sans éprouver aucune volonté critique, avec un étonnement toujours renouvelé face à leur diversité. Parfois nous ressentons de l'intérêt et un regret silencieux, parfois nous rions avec un enthousiasme limpide, avec humour".


Extraits du livre de
L'éloge de la vieillesse d'Hermann HESSE

PARABOLE DE LA VRAIE SCIENCE DE LA VIE


Conte arabe

On raconte que dans une ville d'entre les villes, où l'on enseignait toutes les sciences, vivait un jeune homme beau et studieux. Bien que rien ne lui manquât, il était possédé du désir de toujours apprendre d'avantage. 
Il lui fut un jour révélé, grâce au récit d'un marchand voyageur, qu'il existait dans un pays fort éloigné, un savant qui était l'homme le plus saint de l'Islam et qui possédait à lui seul autant de science, de sagesse et de vertu, que tous les savants du siècle réunis. Malgré sa renommée, ce savant exerçait le simple métier de forgeron, comme son père avant lui et son grand-père avant son père. 
Ayant entendu ces paroles, le jeune homme rentra chez lui, prit
ses sandales, sa besace et son bâton, et quitta la ville et ses amis sur le champ. Il marcha pendant quarante jours et quarante nuits. Enfin il arriva dans la ville du forgeron. Il alla directement au souk et se présenta à celui dont tous les passants lui avaient indiqué la boutique. Il baisa le pan de la robe du forgeron et se tint devant lui avec déférence. 
Le forgeron qui était un homme d'âge au visage marqué par la bénédiction lui demanda :
_ Que désires-tu, mon fils ?
_ Apprendre la science. répondit le jeune homme.
Pour toute réponse le forgeron lui mit dans les mains la corde du soufflet de la forge et lui dit de tirer. Le nouveau disciple répondit par l'obéissance et se mit aussitôt à tirer et à relâcher la corde sans discontinuer, depuis le moment de son arrivée jusqu'au coucher du soleil. Le lendemain il s'acquitta du même travail, ainsi que les jours suivants, pendant des semaines, pendant des mois et ainsi toute une année, sans que personne dans la forge, ni le maître, ni les nombreux disciples qui avaient chacun un travail tout aussi rigoureux, ne lui adressât une seule fois la parole, sans que personne ne se plaignît ou seulement murmurât. 
Cinq années passèrent de la sorte. Le disciple, un jour, se hasarda timidement à ouvrir la bouche :
_ Maître...
Le forgeron s'arrêta dans son travail. Tous les disciples, à la limite de l'anxiété, firent de même. Dans le silence il se tourna vers le jeune homme et demanda :
_ Que veux-tu ?
_ La science !


L'OEIL DU MENUISIER

Un menuisier avait un bel atelier où il exerçait son métier avec amour. Un jour, en l'absence du patron, les ouvriers se réunirent en grand conseil. La séance fut longue et animée et parfois même véhémente. Il s'agissait d'exclure de l'honorable assemblée un certain nombre de membres.

L'un pris la parole : "nous devons expulser notre soeur la scie, parce qu'elle déchiquette tout et fait grincer les dents. Elle a le caractère le plus mordant de la terre !".

Un autre intervient : "nous ne pouvons pas garder parmi nous notre frère le rabot. Il a un caractère coupant et tatillon au point d'éplucher tout ce qu'il touche".

"Frère marteau, protesta un autre outil, a un sale caractère, lourdaud et violent. C'est un vrai cogneur. Sa façon de battre sans cesse jusqu'à taper sur les nerfs de tout le monde, est plus que choquante. Chassons-le !".

Et les clous ? Peut-on vivre avec des gens piquants ? Qu'ils s'en aillent tous ! Sans parler de la lime et de la râpe. Leur compagnie est cause de continuelles frictions. Chassons aussi le papier de verre  : il ne semble exister que pour égratigner son prochain !".

Ainsi débattaient avec de plus en plus d'animosité les outils du meunusier. Tous les outils se turent quand ils le virent s'approcher de son établi.

L'homme pris une planche et la scia avec la scie mordante. Il la rabota avec le rabot qui pèle tout ce qu'il touche. Soeur la hache, qui blesse cruellement, soeur la râpe à la langue rugueuse, frère papier de verre qui gratte et égratigne : tous entrèrent en action, l'un après l'autre, l'un avec l'autre.

Le menuisier prit ensuite les frères clous au caractère piquant ainsi que le marteau qui frappe et percute. Il se servit de tous ses outils avec leurs défauts, leur caractère insupportable et, grâce à eux toux, il fabriqua un berceau.

Un magnifique berceau pour accueillir un bébé qui allait naître.

Puis il attaqua son dernier projet : un bateau qui allait permettre de mener à bon port des gens éloignés les uns des autres par un océan de préjugés.

LE CRAYON

Un petit garçon regardait sa grand-mère écrire une lettre. A un moment donné, il demande :
"Es-tu en train d'écrire une histoire sur ce que nous avons fait ? Est-ce une histoire de moi ?".
Sa grand-mère cessa d'écrire sa lettre et dit à son petit-fils :

"J'écris en effet sur toi, mais plus important que les mots est le crayon que j'utilise.
J'espère que tu seras identique à ce crayon lorsque tu seras grand".

Intrigué, le petit garçon regarde le crayon. Il ne semblait rien avoir de bien spécial.

"Mais il est semblable à tous les autres crayons que j'ai déjà vu dans ma vie !".

"Cela dépend de la façon dont tu regardes les choses. Il possède cinq qualités qui, si tu parviens à les préserver, feront de toi une personne qui sera toujours en paix avec le monde".

"Première qualité : tu es capable de grandes choses, mais il ne faut jamais oublier qu'il y a une main qui guide tes pas. Nous l'appelons la main de Dieu, et il nous guide toujours selon sa volonté".

"Deuxième qualité : de temps en temps, je dois arrêter d'écrire pour employer un taille-crayon ; cela fait souffrir un peu le crayon, mais après, il est bien aiguisé ; alors, toi aussi, tu dois apprendre à supporter certaines douleurs et certains chagrins, car ils feront de toi une  meilleure personne".

"Troisième qualité : le crayon permet toujours d'utiliser une gomme afin d'effacer toutes les erreurs ; cela signifie que la correction de quelque chose que nous avons fait n'est pas nécessairement un mal, car elle nous aide à rester sur la voie de la justice".

"Quatrième qualité : ce qui compte vraiment dans un crayon n'est pas sa façade en bois, mais le graphite à l'intérieur. Ainsi, tu dois toujours prêter attention à ce qui se passe en toi".

"Enfin, voici la cinquième qualité du crayon ; il laisse toujours une marque ; exactement de la même manière, tu dois savoir que tout ce que tu fais dans la vie va laisser une marque, alors efforce-toi d'en être conscient dans chacune de tes actions".


Extrait du livre de Paulo Coelho "Comme le fleuve qui coule"

LE GRAIN DE BLE

Contes et Nouvelles
Léon Tolstoï

Une troupe d'enfants jouait aux bords d'un fossé : l'un d'eux aperçut une chose qui ressemblait à un grain, mais si grosse qu'elle atteignait presque la dimension d'un oeuf de poule.
Les enfants se passaient ce grain de main en main et le regardaient curieusement ; un homme vint à passer et le leur acheta pour quelques kopecks ; cet homme allait en ville, et il vendit cet objet à l'empereur, comme un curiosité.
Les savants furents convoqués auprès du tsar pour analyser cet objet et dire si c'était une graine ou un oeuf. Ils s'armèrent de leurs lunettes de microscopes et d'autres ustensiles ; leurs recherches furent vaines.
On posa cette chose sur le rebord d'une fenêtre. Les poules qui picoraient par là vinrent y donner des coups de bec et y firent un trou. C'était donc un grain, et facile à reconnaître, puiqu'il y avait un sillon au milieu ; alors les savants déclarèrent que c'était un grain de blé. L'empereur s'étonna, et command aux savants d'étudier pourquoi ce grain était si beau, et pourquoi on n'en voyait plus de pareil.
Les savants consultèrent leurs libres, leurs dictionnaires, leurs in-octavo, sans résultat.

- Sire, dirent-ils à l'empereur, les paysans seuls pourront vous renseigner au sujet de ce grain, ils ont peut-être entendu leurs anciens en parler.

On amena à l'empereur un paysan très vieux, sans dents, avec une grande barbe blanche ; deux béquilles le soutenaient. Il prit le grain, mais il y voyait à peine ; il le tâta, le soupesa.

- Que penses-tu de cette graine, petit père ? lui dit l'empereur. En as-tu vu de semblables dans ta vie ? A quoi peut-elle servir ? As-tu vu en semer, en récolter ?

Le vieux, qui était presque sourd, ne comprit pas l'empereur ; il répondit :

-Jamais je n'ai acheté de grain pareil ; jamais je n'en ai semer. Le blé que j'achetai était toujours très petit. Mon ancien peut-être vous l'apprendra, il a peut-être vu la plante qui donne cette graine.

L'empereur fit appeler le père du vieillard. Il arriva avec une seule béquille, il y voyait encore assez bien, sa barbe n'était que grise ; l'empereur lui passa le grain ; il le considéra attentivement.
- Dis moi à quoi est bon cette graine, petit père, lui dit l'empereur, et en as-tu planter depuis que tu travailles, et as-tu vu les autres en récolter dans leurs champs ?
- Npn, répondit le vieillard ; je n'ai jamais vu ni acheté de graines de cette sorte, car, de mon temps, on ne se servait pas encore d'argent. Nous nous nourrissions alors du pain de nos récoltes, et nous en  donnions à ceux qui n'en avaient point. Mais je ne connais pas cette graine. Je me rappelle, pourtant, avoir entendu dire à mon père que de son temps le blé poussait mieux et produisait de plus gros grains. Il faut questionner mon père.

Et on alla quérir le père de ce vieillard. Celui-ci était droit et vigoureux, il arriva sans béquilles, ses yeux étaient vifs, il parlait nettement, et sa barbe était à peine grise.
L'empereur lui montra le grain ; le vieillard le prit et le regarda longtemps.

- Comme il y a du temps que je n'ai vu de grain pareil ! dit-il. Il porta la graine à sa bouche, la goûta et continua : -c'est bien cela, c'est la même sorte.
- Tu connais donc cette graine, petit père ? dit l'empereur. Où pousse-t-elle et en quelle saison ? En as-tu semé et récolté toi-même ?
- Quand j'étais jeune, dit le vieillard, nous n'avions pas d'autre blé que celui-là, nous en faisions notre pain de chaque jour.
- Vous l'achetiez ou le récoltiez ? demanda encore l'empereur.
- Autrefois, reprit le vieillard en souriant au souvenir de son jeune temps, on ne commettait pas le péché d'acheter ou de vendre le pain. On n'avait jamais vu d'or, et chacun avait autant de pain qu'il en voulait.
- Où était ton champ, petit père, et où poussait de pareil blé ?
- Mon champ, empereur, c'était la terre que Dieu nous a donnée à tous pour la cultiver.
Alors,la terre n'appartenait à personne, elle était à toux ; chacun labourait ce qu'il lui fallait pour ivvre, et mon champ, c'était le sol que je labourais. Personne ne disait "le tien, le mien, ma propriété, celle du voisin". Nous récoltions le fruit de notre travail et nous nous en contentions.

L'empereur ajouta :

- Apprends-moi encore, vieillard, pourquoi le blé est si petit aujourd'hui et pourquoi il était si beau autrefois. Dis-moi encore pourquoi ton petit-fils marche avec deux béquilles, ton fils avec une seule, et pourquuoi  tu es encore vert et vigoureux malgré ton grand âge. Tu devrais être le plus cassé des trois, et tu es le plus alerte. Tes yeux sont clairs, tu as tes dents, et ta voix vibre comme celle des jeunes hommes de ce temps. Pourquoi es-tu ainsi, petit père ? Le sais-tu ?

- Oui, je le sais, empereur. Aujourd'hui les hommes s'usent à désirer plus qu'ils n'ont besoin ; ils sont jaloux et envieux les uns des autres. J'ai vécu dans la crainte et le respect de Dieu, et n'ai possédé que ce qui était à moi par mon travail, sans avoir jamais l'idée de vouloir le bien de mon prochain


LA CHEMISE DE L'HOMME CONTENT


Conte persan  
                
Il était une fois un roi qui possédait tout, mais qui n'était jamais content. En l'entendant se plaindre chaque jour, un vieil homme, agacé, lui donna ce conseil : « Sire, vous serez content quand vous porterez la chemise d'un homme content ! ».
Le roi fut étonné, mais il partit sur les chemins, à la recherche d'un homme VRAIMENT content.
Le premier qu'il rencontra fut un soldat...qui riait, riait...aux pires moments de la bataille ! Le roi le nomma Grand Chef de son armée. Le soldat sauta de joie: « Merci, Sire ! Je suis mille fois plus content qu'avant ! »
« Ah bon », soupira le roi déçu, « alors, tu n'étais pas vraiment content avant ? Tu n'es donc pas celui que je recherche. »

Le roi repartit sur les chemins et il rencontra un ermite qui vivait seul dans une grotte... Il semblait si heureux de vivre ! Le roi lui proposa de devenir son conseiller au palais. Aussitôt, l'ermite s'exclama: « Sire, me voilà mille fois plus content qu'avant ! »

« Ah bon », dit le roi, « tu n'étais donc pas vraiment content avant ? Alors tu n'es pas celui que je recherche ! »
« Alors », lui dit le roi, « je fais de toi mon Premier Ministre au palais ! » À sa grande surprise, le paysan refusa : « Ah non ! Au palais, je ne pourrai pas sentir l'odeur de la terre, ni voir les fruits mûrir. » Le roi lui proposa alors la moitié de ses trésors. Le paysan refusa encore, expliquant qu'il n'en dormirait plus la nuit, de peur d'être volé. Le roi compris qu'il avait devant lui le seul homme content de son royaume. Il se jeta sur lui pour lui prendre sa chemise. Mais le paysan n'avait que sa peau sous sa veste ! Le roi fut déçu. Mais il comprit qu'un homme peut être content même si il ne possède rien, pas même une chemise !


 

LE TRESOR


D'après un conte juif

Le meunier était malheureux et lui-même n'aurait su dire pourquoi. Jamais personne ne l'avais vu sourire, ou entendu rire, puisque rien ne lui procurait de joie.
Et voilà maintenant qu'il se mettait à faire ce rêve étrange : il longeait vers le sud de la rivière où se tenait son moulin et, à trois jours de marche, il arrivait devant une ville entourée de remparts. Au cœur de cette ville, se dressait le palais du roi et pour y accéder, il fallait passer sur un pont. Le meunier rêvait qu'en creusant sous ce pont, il trouvait un trésor inestimable.
Un matin, il se réveilla après avoir fait le même songe. Il prit une pelle avec une besace contenant un peu de nourriture et ferma le moulin. L'homme marcha pendant trois jours et tandis qu'il cheminait, il s'imaginait tout ce qu'il pourrait faire grâce à ce trésor ; oh! comme il serait heureux ! 
A l'aube du troisième jour, il arriva devant la grande ville. Il trouva facilement le palais du roi et là, sous le mont qui y menait, à l'aide de sa pelle, se mit à creuser. 
Le meunier fouillait la terre depuis une bonne heure, lorsque les gardes du palais le surprirent en pleine besogne. Ils s'emparèrent de lui et l'amenèrent devant leur capitaine.
- Nous avons trouvé cet homme en train de creuser devant le palais, lui dirent-ils, c'est un espion, sans aucun doute!
- Ah non, protesta le meunier, je ne suis pas un espion. Je cherchais un trésor caché sous le pont.
- Et pourquoi pensais-tu y découvrir un trésor? lui demanda le capitaine soupçonneux.
- Eh bien, répliqua le meunier un peu gêné, j'ai fait plusieurs fois un rêve et dans ce rêve, je déterrais un trésor enfoui sous ce pont.

Le capitaine partit d'un grand éclat de rire :
- Comment peux-tu être aussi bête pour suivre tes rêves? Si j'écoutais les miens, je marcherais vers le nord pendant trois jours en suivant la rivière et je trouverai un moulin. Il faudrait que je creuse au cœur de ce moulin pour trouver un trésor qui ferait de moi un homme immensément riche. Mais je ne suis pas fou!
Et il ordonna à ses gardes d'escorter l'homme aux portes de la ville et lui en interdit désormais l'accès. Le meunier, songeur, se hâta de retourner chez lui. 
Là, il creusa au beau milieu de son moulin et déterra un petit coffre vermoulu. Il contenait seulement un vieux parchemin. En le déroulant, le meunier put y lire inscrit en lettres d'or :

"Ce qu'il y a de plus précieux au monde est à l'intérieur de toi."
Le meunier se mit à rire en comprenant le message. Il était allé bien loin chercher le trésor qu'il portait en lui depuis toujours.
Ce trésor était son cœur et tout le bonheur du monde y était contenu.


CONTE DE L'AMOUR ET DU TEMPS

Il était une fois, une île ou tous les différents sentiments vivaient ; le Bonheur, la Tristesse, le Savoir, ainxi que tous les autres, l'Amour y compris.

Un jour on annonça aux sentiments que l'île allait couler. Ils préparèrent donc toux leurs bateaux et partirent. Seul l'Amour resta. L'Amour voulait rester jusqu'au dernier moment.

Quand l'île fut sur le point de sombrer, l'Amour décida d'appeler à l'aide. 
La Richesse passait à côté de l'Amour dans un luxueux bateau. L'Amour lui dit, "Richesse, peux-tu m'emmener?" "Non car il y a beaucoup d'argent et d'or sur mon bateau. Je n'ai pas de place pour toi".

L'Amour décida alors de demander à l'Orgueil, qui passait aussi dans un magnifique vaisseau.
"Orgueil, aide-moi je t'en prie ! " Je ne puis t'aider, Amour. Tu es tout mouillé et tu pourrais endommager mon bateau".

La Tristesse étant à côté, l'Amour lui demanda,  "Tristesse, laisse-moi venir avec toi".
"Oh...Amour, je suis tellement triste que j'ai besoin d'être seule ! ".

Le Bonheur passa aussi à côté de l'Amour, mais il était si heureux qu'il n'entendit même pas l'Amour l'appeler !

Soudain, une voix dit, "Viens Amour, je te prends avec moi". C'était un vieillard qui avait parlé.
L'Amour se sentit si reconnaissant et plein de joie qu'il en oublia de demander son nom au viellard. Lorsqu'ils arrivèrent sur la terre ferme, le vieillard s'en alla.

L'Amour réalisa combien il lui devait et demanda au Savoir "Qui m'a aidé ?" "C'était "le Temps" répondit le Savoir. "Le Temps ?" s'interroga l'Amour. "Mais pourquoi le Temps m'a-t-il aidé ?"
Le Savoir sourit plein de sagesse, et répondit :
"C'est parce que seul le Temps est capable de comprendre combien l'Amour est important dans la Vie.


Histoire proposé par Christian BOUCHER
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CE QUE LA VIE M'A APPRIS

Je devrais plutôt tenter de dire ce que les rencontres, les séparations, les découvertees, les éblouissements comme les désespérances, m'ont appris dans le sens de me découvrir, de me construire, d'influencer le déroulement de mon existence.
J'ai ainsi appris que la vie n'est faite que de rencontres et de séparations et qu'il nous appartient de les vivre en acceptant de nous responsabiliser face à chacune.
J'ai appris avec enthousiasme que la beauté est partout, dans le vol d'un oiseau ou encore dans le sourire d'un vieillard qui croise mon chemin.
J'ai appris patiemment que nul ne sait à l'avance la durée de vie d'un amour et que toute relation amoureuse est une relation à risques. Des risques que j'ai pris.
J'ai appris que je pouvais oser demander, si je prenais le risque de la réponse de l'autre, aussi frustrante ou décevante qu'elle puisse être ; que je pouvais recevoir sans me sentir obligé de rendre, que je pouvais donner sans envahir l'autre et refuser sans le blesser.
J'ai appris encore qu'il y a toujours une part d'imprévisible dans le déroulement des jours et donc, qu'il m'appartient de savoir accueillir les cadeaux inouïs ou les blessures qui peuvent surgir dans l'immensité d'un jour.
J'ai appris avec beaucoup de surprise que le temps s'accélérait en vieillissant et qu'il était important, non pas d'ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.
J'ai appris malgré moi que je savais beaucoup de choses avec ma tête et peu de choses avec mon coeur.
J'ai appirs bien sûr à vivre au présent, à entrer de plain-pied dans l'instant, à ne pas rester enfermé dans mon passé ou me laisser envahir par des projections sur un futur trop chimérique.
J'ai appris difficilement à m'aimer, non d'un amour narcissique ou égocentrique (même si la tentation était grande) mais d'un amour de bienveillance, de respect et de tolérance.
J'ai appris, sans même le vouloir, que j'avais des besoins et qu'il ne fallait pas les confondre avec des désirs. 
J'ai appris avec soulagement que je pouvais désapprendre tout l'inutile dont je me suis encombré pendant des années.
J'ai appris, avec beaucoup de tâtonnements, à me respecter en osant dire non quand je suis confronté à des demandes qui ne correspondent pas à mes possibles ou à ma sensibilité.
J'ai appris tardivement à remercier, chaque matin, la Vie d'être présente en moi et autour de moi, à l'honorer chaque fois que cela m'est possible, à la respecter en toute occasion, à la dynamiser avec mes ressources et mes limites.
J'ai appris doucement à recevoir le silence et à méditer quelques minutes chaque jour pour laisser aux vibrations de l'univers la possibilité de me rejoindre et de m'apprivoiser encore un peu.
Oui, j'ai appris beaucoup dans ma vie et pourtant, je cherche encore l'essentiel.


Texte de Jacques SALOME (La presse Montréal 2009)
                                                              
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LE CONTE DU MAITRE ET DE L'ELEVE


En Inde dans une région proche du Tibet, il était une fois un maître et son élève.
Quand le Maître et l'élève eurent débattu des conditions pratiques d'usage, le maître commença  son enseignement.
 Tu dois être fort, va chercher qui tu es.
L'élève partit chercher la force et un an plus tard il  revint voir son maître et lui dit :
 Je suis fort.
  Pour montrer sa force, il prit un roc  qu'il aurait été incapable de déplacer une année auparavant, le leva au-dessus de sa tête et le fracassa en mille morceaux sur le sol.
  Très bien lui dit le maître tu es fort.
Maintenant, tu dois être intelligent, va chercher qui tu es.
L'élève partit chercher l'intelligence et trois ans plus tard il revint voir son maître et lui dit :
 Je suis intelligent.
Le maître lui donna un texte très volumineux.
 Tu viens m'en parler dans trois heures.
Ce temps écoulé, le maître et l'élève parlèrent de l'ouvrage, d'égal à égal, jusqu'au lever du jour.
Le maître à ce moment là lui dit :
 Tu dois être sensible. Va chercher qui tu es…
L'élève partit et son absence dura dix ans.
A son retour il montra au maître toute sa sensibilité.
-Très bien, dit le maître, tu es fort, intelligent, sensible, tu dois aussi être rigoureux…
L'élève lui coupa la parole et poursuivit :
 Je suis qui je suis.
 Je n'ai plus rien à t'apprendre, répondit le maître. Va, ton chemin est bien le tien.


Inspiré d'un vieux conte hindou

CONTE PETIT WAKA


Il était une fois bien avant que la terre ne soit ronde, bien avant que les conquistadores espagnols n'accostent les côtes d'un nouveau monde, au temps où les seuls humains peuplant les terres entre l'Inde et l'Europe portaient des plumes et avaient la peau rouge.
En ces temps et lieux, un jeune Indien et son grand père aimaient se promener sous le soleil jusqu'au bord d'une grande falaise. Là où avait poussé un arbre gigantesque et si vieux qu'il avait vu naître l'arrière grand-mère, du trisaïeul du grand-père de notre petit Indien. Et là, assis à l'ombre de cet ancêtre végétal, nos deux Indiens aimaient discuter et refaire le monde. Parfois au travers des yeux plein d'innocence des enfants et parfois avec le regard plein de sagesse des anciens.
- Tu sais, mon petit Waka, tout au fond de moi, il y a un grand combat qui fait rage ?
 
Pas sûr de comprendre ce que son grand-père lui disait, Waka ouvrit de grands yeux ronds. Content de son effet, le grand-père poursuivit : ?
Oui ! Au fond de mon âme, se battent deux grands loups.
Deux loups gigantesques.
Les yeux du petit-fils s'agrandirent encore, captivé qu'il était par les paroles de son grand-père ?
 
- Dis grand-père, pourquoi qu'ils se battent les loups ?
- Car ils ne sont pas d'accord, c'est deux loups sont très forts, tu sais. Un est blanc, c'est l'amour, la compassion, l'inspiration, la sagesse, l'altruisme, la bonté. 
L'autre est noir, c'est la haine, l'avarice, le doute, l'ignorance, l'égoïsme, la méchanceté.
- Whoua ! Mais ils se battent tout le temps tes loups ?
- Oui, il n'y a jamais de trêves, et en plus, ils se battent aussi en toi.
- En moi ?
- Oui en toi ! Et à l'intérieur de chaque personne que tu croiseras sur cette terre?
- Mais dis-moi grand-père,-toi qui sais tellement de choses... C'est lequel de loup qui va gagner la bagarre ? Tu sais ?
Et là, le grand-père réfléchit un instant et dit :
 
- C'est celui que tu nourris, mon petit...


Conte philosophique indien

UN CHEMIN A SUIVRE


"Regarde le soir comme si le jour y devait mourir, et le matin comme si toute chose y naissait. Que ta vision soit à chaque instant nouvelle ! Le sage est celui qui s'étonne de tout."
 André Gide

"Connaître, ce n'est point démontrer, ni expliquer. C'est accéder à la vision."
Antoine de Saint-Exupéry

"N'existe-t-il donc pas de vérité? N'y a-t-il donc pas une doctrine qui soitauthentiqueetvalable?
La vérité existe, mon cher, mais la "doctrine" que tu réclames, l'enseignement absolu qui confère la sagesse parfaite et unique, cela n'existe pas. Il ne faut pas non plus avoir le moins du monde la nostalgie d'un enseignement parfait, mon ami; c'est à te parfaire toi-même que tu dois tendre. La divinité est en toi, elle n'est pas dans les idées ni dans les livres. La vérité se vit, elle ne s'enseigne pas." 

Hermann Hesse

"La vraie sagesse, la vraie supériorité ne se gagne pas en luttant mais en laissant les choses se faire d'elles-mêmes. Les plantes qui résistent au vent se cassent, alors que les plantes souples survivent aux ouragans".
 Epicure

"On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir de soi-même". 
Marcel Proust

« Celui qui se livre à des méditations claires trouve rapidement la joie dans tout ce qui est bon ; il voit que les richesses et la beauté sont impermanentes et que la sagesse est le plus précieux des joyaux. » Bouddha
« Cherche la vérité dans la méditation et non continuellement dans les livres moisis ; celui qui veut voir la lune regarde le ciel et non l'étang. »

 Proverbe persan

« Combien de fois abandonnons-nous notre chemin, attirés par l'éclat trompeur du chemin d'à côté. »
Paulo Coelho

« Si nous nous trouvons tellement à l'aise dans la pleine nature, c'est qu'elle n'a pas d'opinion sur nous. »
Friedrich Nietzsche




LES MOIS DE L'ANNEE


Voici les douze mois,
Ils marchent trois à trois !
Avec son chapeau blanc de neige,
Janvier mène le cortège.
Et Février sur le même rang,
A honte d'être si peu grand.
A ses côtés ; c'est Mars, fantasque,
Le nez mouillé par la bourrasque.
Voici les douze mois,
Ils marchent trois à trois !
Admirez Avril qui s'avance, 
Son bonnet de fleurs se balance. 
Mai, joyeux, lui donne le bras, 
Vêtu de rose et de lilas, 
Et juin, les tempes vermeilles 
A des cerises aux oreilles. 
Voici les douze mois, 
 Ils marchent trois à trois ! 
Sur le chemin sec, juillet trotte, 
Il a du foin dans chaque botte, 
Août s'en va couronné de blé 
Et par la chaleur accablé. 
Et septembre titube et joue   
Avec des grappes sur la joue. 
Octobre porte sur la tête 
La pomme à cidre et la noisette. 
Novembre, dans ses maigres bras, 
Tient un tas de vieux échalas, 
Et Décembre ferme la marche, 
Triste et froid comme un patriarche ! 
Salut les douze mois 
Qui marchent trois à trois ! 

          Octave Aubert  ( 1870 - 1950 )


EN REGARDANT LE JARDIN DE L'AUTRE


        
" Donne à l'idiot mille intelligences, et c'est la tienne qu'il voudra ", dit le proverbe arabe. 
Nous commençons à planter le jardin de notre vie et, regardant à côté, nous voyons que le voisin est là, à épier.
Il est incapable de faire quoi que ce soit, mais 
il se plaît à se mêler de la façon dont nous semons nos actions, plantons nos pensées, arrosons nos conquêtes.
Si nous prêtons attention à ce qu'il raconte, 
nous finissons par travailler pour lui, et le jardin de notre vie sera une idée du voisin.
Nous en oublierons la terre cultivée avec tant de sueur, fertilisée par tant de bénédictions.
Nous oublierons que chaque centimètre de terre a ses mystères, que seule la main patiente du jardinier peut déchiffrer. 
Nous cesserons d'être attentifs au soleil, 
la pluie et aux saisons - pour nous concentrer uniquement sur cette tête qui nous épie par-dessus la clôture. 
L'idiot qui adore se mêler de notre jardin ne soigne jamais ses plantes.

 

Paulo Coelho

LE TEST DES 3 PASSOIRES



Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute réputation de sagesse. Quelqu'un vint un jour trouver le grand philosophe et lui dit : " Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami ? " 
" Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes tout cela, j'aimerais te faire passer un test rapide. Ce que tu as à me dire, l'as tu fait passer par les trois passoires ? 
Mais oui, reprit Socrate, avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l'on aimerait dire. C'est ce que j'appelle le test des trois passoires. 
La première passoire est celle de la VÉRITÉ. As-tu vérifié si ce que tu veux me raconter est VRAI ? " " Non, pas vraiment, je n'ai pas vu la chose moi-même, je l'ai seulement entendu dire. " " Très bien ! Tu ne sais donc pas si c'est la vérité. 
Voyons maintenant, essayons de filtrer autrement, en utilisant une deuxième passoire, celle de la BONTÉ. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de BIEN ? " " Ah non, au contraire! J'ai entendu dire que ton ami avait très mal agi. " " Donc, continue Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es pas sûr qu'elles soient vraies. Ce n'est pas très prometteur ! 
Mais tu peux encore passer le test, car il reste une passoirl'UTILITÉ. Est-il UTILE que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait ? " " Utile ? Non, pas vraiment, je ne crois pas que ce soit utile. " 

" Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni VRAI, ni BIEN, ni UTILE, pourquoi vouloir me le dire ? Je ne veux rien savoir. De ton côté, tu ferais mieux d'oublier tout cela . " 


Anonyme




TU ES IRREMPLACABLE





Si la note disait : ce n'est pas une note qui fait une musique... 
        il n'y aurait pas de symphonie.
 
Si le mot disait : ce n'est pas un mot qui fait une page... 
        il n'y aurait pas de livre.

Si la pierre disait : ce n'est pas une pierre qui peut monter un mur... 
        il n'y aurait ni maison, ni église ni cathédrale. 

Si la goutte disait : ce n'est pas une goutte d'eau qui peut faire une rivière... 
        il n'y aurait pas d'océan.

Si le grain de blé disait : ce n'est pas un grain de blé qui peut ensemencer un champ... 
        il n'y aurait pas de moisson.

Si l'homme disait : ce n'est pas un geste d'amour qui peut sauver l'humanité... 
        il n'y aurait jamais de justice et de paix, de dignité et de bonheur sur la terre des hommes.
Comme la symphonie a besoin de chaque note, 
Comme le livre a besoin de chaque mot, 
Comme la maison a besoin de chaque pierre,
Comme l'océan a besoin de chaque goutte d'eau,
Comme le moissonneur a besoin de chaque grain de blé,
l'humanité tout entière a besoin de toi, là où tu es, là comme tu es, avec ta joie, ton espérance, ta souffrance, ta misère, ta vieillesse. 
L'humanité toute entière a besoin de toi, car tu es unique.
 

  Michel Quoist


CUEILLE LE TEMPS


Tu ne peux pas retenir le temps.
Il passe.
Il coule entre tes doigts comme l'eau de la fontaine.
Il glisse dans ta main comme le sable de la mer.
Tu ne peux pas rattraper le passé.
Il n'est plus.
 Il s'en est allé comme le couchant d'hier.
Il est disparu comme un souvenir perdu.
Tu ne peux pas emprisonner le futur.
Il n'est pas encore.
Il viendra à son heure comme le levant de demain.
Il te rejoindra comme la vague qui s'approche du rivage. 
Mais tu peux toujours cueillir le présent.
Ce présent est comme un grand arbre :
Il plonge ses profondes racines dans ton passé tout plein de souvenirs et d'expériences, comme une sagesse accumulée.
Et il lance ses longues branches vers ton futur tout plein de promesses et d'espérance,  comme un projet emballant.
Le présent est fait de ton passé qui n'est plus
et de ton futur qui n'est pas encore.
Prends le temps qui t'est donné à chaque instant qui passe.
Cueille le précieusement comme l'eau du ruisseau qui t'est toujours disponible.
Ne gaspille pas ton temps, ne passe pas ton temps à courir après le temps,
Prends ton temps.
Ne dis pas, je n'ai pas le temps.
Dis plutôt : j'ai tout mon temps.
Ne sois pas avare de ton temps.
Donne de ton temps aux autres.
Ne cours pas tout le temps,
Prends ton temps.
Et laisse au temps ,le temps de faire son temps.
Alors tu gagneras du temps et tu découvriras,
que c'est beau et bon le temps.


Jules BEAULAC                                            diaporama à télécharger

LA JARRE ABIMEE


Un porteur d'eau indien avait deux grandes jarres, suspendues aux deux extrémités d'une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules. 
L'une des jarres avait un éclat, et, alors que l'autre jarre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu'à la maison du maître, l'autre jarre perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route. 
Cela dura deux ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d'eau ne livrait qu'une jarre et demi d'eau à chacun de ses voyages. 
Bien sûr, la jarre parfaite était fière d'elle, puisqu'elle 
parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille. 
Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu'elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable. 
Au bout de deux ans de ce qu'elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s'adressa au porteur d'eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source. 
"Je me sens coupable, et je te prie de m'excuser." 
"Pourquoi ?" demanda le porteur d'eau. "De quoi as-tu honte ?" 
"Je n'ai réussi qu'à porter la moitié de ma cargaison d'eau à notre maître, pendant ces deux ans, à cause de cet éclat qui fait fuire l'eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l'eau. Tu n'obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts", lui dit la jarre abîmée. 
Le porteur d'eau fut touché par cette confession, et, plein de compassion, répondit: "Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs  magnifiques qu'il y a au bord du chemin". 
Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mis du baume au coeur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu'elle avait encore perdu la moitié de son eau. 
Le porteur d'eau dit à la jarre T'es-tu rendu compte qu'il n'y avait de belles fleurs que de ton côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite? C'est parce que j'ai toujours su que tu perdais de l'eau, et j'en ai tiré parti. 
J'ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin, et, chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. 
Pendant 2 ans, j'ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n'aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses.

Morale de l'histoire
 Nous avons tous des éclats, des blessures, des défauts. Nous sommes tous des jarres abîmées. 
Certains d'entre nous sont diminués par la vieillesse, d'autres ne brillent pas par leur intelligence, d'autres trop grands, trop gros ou trop maigres, certains sont chauves, d'autres sont diminués physiquement, mais ce sont les éclats, les défauts en nous qui rendent nos vies intéressantes et exaltantes. 
Vous devez prendre les autres tels qu'ils sont, et voir ce qu'il y a de bien et de bon en eux. Il y a beaucoup de positif partout. 
Nous somme, quelque part, des jarres abîmées. Sachez néanmoins reconnaître vos qualités. Ne portez pas de jugement sur les autres, acceptez leurs défauts. Dans chaque être humain se cache des trésors, il suffit de vouloir les trouver.
Acceptez-vous tel que vous êtes, la perfection n'existe pas.

Souvenez-vous de ce proverbe indien qui dit :
" Nul n'est parfait ici-bas, le soleil lui-même a ses tâches".  
Le fou cherche le bonheur au loin, le sage le cultive à ses pieds.


LA ROSE


Un homme planta une rose et l'arrosa fidèlement, et avant qu'elle ne fleurisse, il l'examina. Il vit le bouton qui fleurirait bientôt et aussi les épines. Et, il pensa, "comment est-il possible qu'une fleur si magnifique provienne d'une plante chargée d'autant d'épines pointues ? " 
Attristé par cette pensée, il négligea d'arroser la rose, et avant qu'elle ne fût prête à fleurir, elle mourut. 
Il en est ainsi pour beaucoup. 
A l'intérieur de chaque âme, il y a une rose. 
Les qualités divines plantées en nous à la naissance grandissent parmi les épines de nos erreurs. 
Beaucoup d'entre nous se regardent eux-mêmes et voient seulement leurs épines, leurs défauts. Nous désespérons, en pensant peut-être que rien de bon ne peut sortir de nous. Nous négligeons d'arroser le bien qui est en nous et finalement il meurt. 
Nous ne réalisons jamais notre potentiel. 
Quelques personnes ne voient pas la rose à l'intérieur d'elles-mêmes quelqu'un d'autre doit la leur montrer. 
Un des dons les plus extraordinaires qu'une personne puisse posséder est d'être capable de passer à travers les épines et de trouver la rose à l'intérieur des autres. 
C'est la caractéristique de l'amour, de regarder une personne, et connaissant ses erreurs, de reconnaître la noblesse dans son âme, et de l'aider à réaliser qu'elle peut dépasser ses erreurs. Si nous lui montrons la rose, elle fera la conquête des épines. Alors elle fleurira, et plus loin fleuriront trente, soixante, une centaine de plants comme celui qui lui a été donné. Notre devoir en ce monde est d'aider les autres en leur montrant leurs roses et non leurs épines. 
Alors seulement nous atteindrons l'AMOUR que nous devrions ressentir pour chacun ; 
Alors seulement nous fleurirons dans notre propre jardin ! 


auteur inconnu 

PROPOS SUR LE TEMPS

L'ETRANGER

.
Quelques années avant ma naissance, mon père connut un étranger récemment arrivé dans notre village. 
Depuis le début, mon père fut subjugué par ce personnage, si bien que nous en arrivâmes à l'inviter à demeurer chez nous. 
L'étranger accepta et depuis lors il fit partie de la famille.
Moi je grandissais, je n'ai jamais demandé d'où il venait, tout me paraissait évident. 
Mes parents étaient enseignants : ma maman m'apprit ce qu'était le bien et ce qu'était le mal et mon père m'apprit l'obéissance. 
Mais l'étranger c'était un conteur, un enjôleur.
Il nous maintenait pendant des heures, fascinés par ses histoires mystérieuses ou rigolotes. 
Il avait la réponse à tout ce qui concernait la politique, l'histoire ou les sciences. 
Il connaissait tout du passé, du présent, il aurait presque pu parler du futur ! 
Il fit même assister ma famille à une partie de football pour la première fois. 
Il me faisait rire et il me faisait pleurer. 
L'étranger n'arrêtait jamais de parler, ça ne dérangeait pas ma maman. 
Parfois elle se levait, sans prévenir, pendant que  nous continuions à boire ses paroles, je pense qu'en réalité, elle était partie à la cuisine pour avoir un peu de tranquillité.(Maintenant je me demande si elle n'espérait pas avec impatience qu'il s'en aille).
Mon père avait ses convictions morales, mais l'étranger ne semblait pas en être concerné.
Les blasphèmes, les mauvaises paroles, par exemple, personne chez nous, ni voisins, ni amis, s'y seraient permis.
Ce n'était pas le cas de l'étranger qui se permettait tout, offusquant mon père et faisant rougir ma maman. 
Mon père nous avait totalement interdit l'alcool.
Lui, l'étranger il nous incitait à en boire souvent.
Il nous affirmait que les cigarettes étaient fraîches et inoffensives, et que pipes et cigares faisaient distingué. 
Il parlait librement (peut-être trop) du sexe.
Ses commentaires étaient évidents, suggestifs, et souvent dévergondés. 
Maintenant je sais que mes relations ont été grandement influencées par cet étranger pendant mon adolescence.
Nous le critiquions, il ne faisait aucun cas de la valeur de mes parents, et malgré cela, il était toujours là !
Cinquante ans sont passés depuis notre départ du foyer paternel.
Et depuis lors beaucoup de choses ont changé: nous n'avons plus cette fascination. 
Il n'empêche que, si vous pouviez pénétrer chez mes parents, vous le retrouveriez quand même dans un coin, attendant que quelqu'un vienne écouter ses parlotes ou lui consacrer son temps libre.... 
Voulez-vous connaître son nom?
Nous, nous l'appelons ....... Téléviseur 
   
  Remarque: 
Attention: maintenant il a une épouse qui s'appelle Ordinateur 
...et un fils qui s'appelle Portable !
et un neveu pire que tous ! Lui c'est le SMAR PHONE